Léa

Nadine Kegele : Ce que j’ai appris de la vie

La vie est un exercice d’équilibre entre la colère et l’humour. Je l’ai remarqué à maintes reprises lors de conversations avec les personnes représentées. En fin de compte, la colère – espérons-le productive – l’emportera probablement. « Il faut aimer sans se coiffer » n’est pas un livre triste, absolument pas.

Le gâteau doit être réparti équitablement. C’est ce que j’entends par féminisme. Certaines personnes utilisent le féminisme comme un gros mot. Mais le féminisme est un terme positif. Hors de!

Vous ne devriez pas vous laisser décourager par les critiques. J’étais conscient que mon projet pouvait polariser. Mais il a été surprenant que les personnes représentées aient été directement critiquées par certains lecteurs pour leurs décisions de vie. Avec ce livre, je ne cherche pas à traîner un individu devant le rideau, il s’agit de mettre en perspective sa biographie : qu’est-ce qu’une société permet à une personne de faire, qu’est-ce qui ne lui permet pas, et pourquoi ?

Les quotas sont importants. Pour moi, une collection de portraits appropriée en 2017 n’aurait pas été complète sans les biographies trans. Mais cela inclut également d’autres aspects : le désavantage économique ou la discrimination fondée sur l’origine ou le handicap, par exemple.

Après chaque livre, des doutes surgissent. Puis-je encore écrire ? Était-ce peut-être juste une coïncidence ? Bien sûr, le doute est aussi là pour s’améliorer de manière critique. Et parfois, il est utile de laisser un projet reposer un moment.

Vous ne pouvez pas vous prendre trop au sérieux. Il faut aussi prendre les autres au sérieux. Cela n’aide personne de se reposer sur sa propre vulnérabilité. Mais il est important de pouvoir être vulnérable.

Dans la vie, il faut une peau épaisse. Je n’ai eu qu’une seule lecture où j’ai été attaqué verbalement par le public. Malheureusement, je ne suis pas assez vif d’esprit et je ne saurai que plus tard ce que je pense réellement à ce sujet et comment j’aurais voulu y réagir. J’écris mieux que je ne parle. Et chaque lecture est une aventure dans une arène. Les honoraires constituent parfois une compensation pour la douleur et la souffrance.

Il faut être capable de rire des choses tristes. Lors des lectures, il arrive souvent que le public n’ose pas rire, même lors de passages extrêmement drôles. Je l’appelle : le public souriant. Et c’est ça qui peut m’énerver. Peut-être que je suis plus détendu à l’idée de rire.

Dans la vie, il faut une mission. Je souhaite toucher un public le plus large possible avec ce livre. Ce serait dommage que les interviews ne soient consommées que par des personnes déjà bien informées sur le sujet ou même qu’elles finissent dans mon tiroir. Vous pouvez apprendre beaucoup en prenant des portraits – eh bien, j’ai beaucoup appris !

Nadine Kegele : Il faut aimer sans cheveux. Kremayr et Scheriau 343 pages, 22,90 euros

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