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Première mondiale acclamée du « Corsage » de Marie Kreutzer

La liberté que prend ce film dans son traitement de l’histoire des Habsbourg est immédiatement communiquée ; Dans « Corsage » on ne reconstitue pas, mais on fantasme plutôt, la vie de la malheureuse impératrice Elisabeth est recréée en toute liberté, racontée, en fait : rêvée. La fin du XIXe siècle porte ici de fortes traces du XXIe siècle, le support cinématographique, contrairement à la réalité, a été inventé dans les années 1870 (il permet de produire des images grand écran en noir et blanc), et les favoris s’avèrent simplement collés.

Marie Kreutzer dans la boutique impériale de Vienne à la Hofburg

Marie Kreutzer : « Je me sens incroyablement vivante là-bas »

Von Stefan Grissemann

Les douces chansons pop qui accompagnent le film (par exemple « She Was » de Camille et « In Italy » de Soap&Skin) renforcent encore l’impression de subtilement surréaliste. La cinéaste autrichienne Marie Kreutzer présente avec « Corsage » son œuvre la plus impressionnante à ce jour – profil rapporté. Kreutzer a d’abord dû se battre pour s’affranchir des dures réalités historiques et renoncer à certains conseils : « Deux ou trois spécialistes des cérémonies judiciaires ont abandonné pendant le tournage lorsqu’ils ont découvert quel film je voulais faire. Ils avaient l’impression de risquer leur réputation à cause du contenu fantastique de « Corsage ».

Cela n’aurait pas été nécessaire, car la vérité peut aussi être cachée dans l’irréel. Après la première du film vendredi, au quatrième jour du 75e Festival de Cannes, des minutes d’applaudissements euphoriques ont eu lieu pour le réalisateur, l’ensemble et l’équipe. Mais l’atout majeur du jeu est l’actrice principale de Kreutzer : la Luxembourgeoise Vicky Krieps, qui a mené une véritable carrière mondiale ces dernières années (et est également à l’affiche de « Plus que jamais » d’Emily Atef à Cannes, où elle joue une femme combative et en phase terminale). Sissi est incroyablement complexe, aux multiples facettes et finalement énigmatique : en tant que femme résistante mais battue sous la pression massive d’une société patriarcale ; Elle fume, trompe, souffre, se retire. le vôtre Elle ne peut échapper au masochisme latent. « Elle n’a de pouvoir que sur ce corps », explique Marie Kreutzer dans l’interview de profil : « Elle se bat littéralement avec lui. » À bien des égards, « Corsage », également en accord avec son titre, est une étude sur la transformation violente du corps féminin. psychismes et corps.

L’excellent travail de caméra Le travail de Judith Kaufmann prend tout son sens d’autant plus que la réalisatrice a également essayé de créer un look fortement alternatif dans ses décors et ses costumes. « Je ne voulais pas du style cossu qu’on retrouve dans les appartements impériaux, ce qui n’est qu’une affirmation, j’ai préféré tout rendre plus simple et plus réduit. Les costumes aussi : sans fioritures s’il vous plaît ! Je voulais raconter la fin de la monarchie. Comme si tous les bons meubles avaient déjà été vendus. » Pour l’un des prix de la rubrique Un certain regard le week-end prochain « Corsage » s’est définitivement positionné ici de manière impressionnante.

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